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Pas une radio, pas un journal ni même une télévision n'ont pu s'empêcher de nous soutirer un souffle de stupéfaction. Un King s'en va sans sonner le gong. Un matin ébouriffé d'européen témoigne l'arrêt d'une époque. Enfants, nous pleurions la mort de la mère de Bambi, adulte c'est Bambi lui même qui fuit nos contes présents.

La journaliste lance la nouvelle, partagée par l'excitation et la nostalgie inévitable. Des heures de danseurs en herbe consacrées à la quête de l'univers lunaire, des millions de platines ont chanté l'âme de la pop, des souvenirs se sont construits à l'ombre de zombies habilement clipés. Il y a des balises du temps auxquelles l'humanité s'attache sans trop y prêter attention. Puis un jour, elles se retirent laissant les regards béats, parfois même humides, chacun rejoue ses souvenirs, les plus cyniques arborent l'humour.

Irrationnelle, incompréhensible, une vague incommensurable d'hommages s'abat. Trop pour un seul homme, pas assez pour un artiste. Certains aiment à exposer les compteurs de ventes d'albums, d'autres savourent une mélodie aux creux des oreilles mais peu comprennent ce qui arrive. Certes l'Iran lutte toujours, la crise roule, tout ça le monde le sait, le monde s'en fout. Peut être ne veut il même pas comprendre.

La vie continue. Chacun des pas de danse futur, des chants de rues garderont les sueurs du labeur de Michaël Jackson. De loin, la survie de son art restera meilleur hommage que ces litanies d'hommes et de femmes se bousculant derrière les micros pour témoigner de leur importance, évoquant des souvenirs banaux, une passion soudaine, plus par mégalomanie que mélomanie. La cours des hommes survit en toute circonstance.

Il y a 50 années et 3 jours quittait cette terre un autre souffle artistique, dans l'écume d'une vie. Pour lui, "La mort n'est pas drôle parce qu'elle ne supporte pas la répétition". Espérons juste que les boucles musicales du "roi de la pop" auront le droit à l'éternité.