Pas de break, au service d'une discipline, le prince promis au trône offrait suées ou sourires aux crépitements curieux de ce tennisman en herbe. Jeu de billes remisé au vestiaire, les sphères jaunes pleins les yeux arbitraient déjà les manches futures. Pas à pas, point par point, le bambin né près de Sète se faisait tatoué, par l'envie des autres, le numéro 1. Belle, flatteuse et rêvée, la haute marche le portait dans les bras des scènes lumineuses. Les statistiques retraçaient à outrance l'incroyable périple gagnant, les métaphores amenaient l'enfant sous Borg, derrière Noah mais jamais à sa place. L'outrance patronnait sa Majesté.
Les têtes suivent les allers-retours, applaudissent, soupirent, suintent, se lèvent, sourient aux caméras témoins d'un après-midi parisien ensoleillé. Les "wow" succèdent aux "ooooh" eux même ayant fait oublier les sifflets de la minute précédente. Au coeur de l'arène deux petits hommes, pourtant grands sur l'écran, jettent leur force en pâture, animé de la croyance en la victoire. Dans quelques heures tout sera fini, un seul élu aura l'approbation de la foule, l'autre quittera beau joueur l'univers de gloire pour s'asseoir dans la pénombre réservée aux illusionnistes déçus.
Un jour, le prince Richard s'est lassé de ces jeux de rôle de moins en moins drôle. La chute de la tête d'affiche aux en-têtes de journaux attrape-chiffre était trop rude. Le noble en attente d'aristocratie a d'abord changé de tuteur, puis oublia de croire en cette histoire contée par les sirènes sur fond de Mousquetaires. Dépassé, il devint un prince sans rire. Le gazetier se plaignait de l'inélégance du jeune homme, les spécialistes ressassaient leur frustration, les fans erraient parmi la carence d'idoles à vénérer, plus rien ne suivait la ligne préalablement tracée.
A l'ombre de tout, à l'aube de rien, le Prince s'est égaré. Coupé d'un microsme de muscles et d'effort, la descente se lit jusqu'au jour où les radios crachent le verdict. L'illicite serait entré dans le sang princier. Dopé ou dupé, au coin du bois, l'opinion publique vient de demander des balles neuves...
Le printemps est là avec son cortège de pollen, de révisions et de
polémiques sportives. Chaque année, cette période ouvre le bal des
shorts et des roues, des ballons, des balles et des
routes, bref l'été sera sportif ou ne sera pas. Les joutes
professionnelles ont besoin d'exploits, de drames, en somme de leur lot
d'histoires pour alimenter chroniques de journalistes ou discussions de vacanciers .