On le voit depuis les manifestations anti-Otan de Strasbourg, il est de bon ton de clouer au pilori du terrorisme rouge toute personne à la tête couverte et aux cris rebelles. Cette campagne de criminalisation de groupes anarchistes ou de gauche alter-mondialiste, joue sur le sentiment de peur avec, sans doute, l'espoir des autorités de se voir confier par la population un blanc seing dans le domaine sécuritaire afin de mettre en place un "arsenal" anti-manifestation. Dans un tel contexte, il est bon de rester vigilant aux conclusions hâtives faîtes suite à des arrestations en flagrant délit de violence en réunion au cours d'une manifestation. En effet, Le Canard Enchaîné, daté du Mercredi 6 mai 2009, fait état de pratiques policières, proches du rôle d'appariteur, au cours des traditionnelles manifestations du 1er mai à Paris. Ces affirmations du palmipède sont jusqu'à présent ni confirmées, ni infirmées par le Ministère de l'Intérieur. Sans nier le caractère condamnable des violences, rester prudent sur leur instrumentalisation est un exercice essentiel de la démocratie. Pour plus de précision Presse-pensée vous propose un article du Monde.fr consacré au papier du Canard.

Selon Le Canard enchaîné du 6 mai, des policiers en civil ont volontairement provoqué les gendarmes mobiles chargés de disperser la fin du cortège du 1er Mai à Paris, place de la Bastille. "Une demi-douzaine d'encapuchonnés, baskets aux pieds, crânes rasés et bardés d'autocollants 'Casse-toi pauv'con' ou 'Rêve général', volent au secours de leurs camarades zonards", "un groupe de jeunes punks" qui se trouvaient sur les marches de l'Opéra-Bastille, raconte le journal. La tension monte, les interpellations aussi, "sauf la demi-douzaine de provocateurs qui réussissent à s'évaporer. Et pour cause", souligne Le Canard.

L'hebdomadaire satirique déclare disposer de photographies de ces "chauffeurs", sortant peu auparavant "deux par deux, de fourgons de police stationnés boulevard Richard-Lenoir". Du côté de la préfecture de police, on ne nie pas les faits. Ces policiers en civil qui traquent le flagrant délit, quitte à le susciter, font partie d'une "compagnie de sécurisation", créée officiellement en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, afin de "protéger les manifestants" contre les casseurs à l'issue des manifestations lycéennes. Depuis, cette compagnie a écumé d'autres manifestations et, selon le journal, "il est question d'en créer d'autres ailleurs en France".